18/02/17 Hôtel de la Païva

La Païva, c’est l’histoire d’une célèbre courtisane du 19ème siècle.

Merci au 25 adhérents qui se sont levés tôt ce samedi 18 février 2017 pour découvrir cet hôtel fabuleux, écrin de la Païva. Et merci à Gaëtan, d’avoir retracé les grandes lignes de sa vie et de son oeuvre ! Philippe Mouzé

La Païva, née Esther Lachmann en 1819 à Moscou d’une famille juive dont le père était tisserand, se marie en 1836 avec un tailleur français Antoine François Hyacinthe Villoing.

En 1837, naît un fils qu’elle abandonne ainsi que son mari, et fuit à travers l’Europe jusqu’à Paris. Cultivée, elle parle 4 langues : le russe, le polonais, l’anglais et le français.

A Paris, elle habite vers Notre-Dame de Lorette et s’adonne à la prostitution. Après moult péripéties, elle épouse en 1851 un noble portugais, Albino Francisco, marquis de la Païva qui lui offre un hôtel au 28 place St Georges. Le lendemain du mariage, le couple se sépare mais elle garde le titre nobiliaire de son mari !

En 1852, elle devient la maîtresse de Guido Henckel von Donnersmarck, cousin de Bismarck, qui lui fait construire l’hôtel au 25 avenue des Champs Elysées pour 10 millions de franc-or ! Les travaux commencent en 1856 et durent 10 ans. Il est depuis 1906 le siège du « Travellers Club ».

Cet hôtel est construit dans un style renaissance italienne comme il était d’usage au XIXe siècle. La façade est de Rodin. On peut voir des têtes de lion un peu partout, clin d’œil aux lionnes, vocable attribué aux courtisanes. Dans la salle à manger, belle cheminée du sculpteur Dalou, le bar actuel remplace ce que l’on appelait à l’époque « le potager », endroit où l’on réchauffait les plats qui venaient des cuisines situées au sous-sol.

Nous avons emprunté le superbe escalier en onyx blond d’Algérie orné de 4 médaillons représentant : Rome, Venise, Naples et Florence. Au milieu de cet escalier, une belle représentation d’Amphitrite dont on doit caresser le postérieur, pour être vraiment membre du Travellers club  !

Les appartements privés de la Païva, comprennent le cabinet de toilette, une salle de bain de style mauresque avec deux lavabos au-dessus des cheminées qui chauffent l’eau. La baignoire en métal argenté comporte 3 robinets : le 1er pour le lait d’ânesse, le 2ème pour l’eau de tilleul et le 3ème pour … le champagne !

Dans la chambre, un lit monumental de 2 mètres sur 3 (qui a atterri dans une maison close !) faisait face à une belle cheminée de Carrier-Belleuse en malachite et bronze avec de magnifiques statues en bronze argenté.

Cet hôtel particulier a failli être démonté pour être reconstruit en Silésie où le couple s’était établi en 1877, car la Païva et son Prussien, soupçonnés d’espionnage, avaient dû fuir la France. Le 21 janvier 1884, la Païva s’éteint, quelle vie !

Gaëtan D’Alauro

 

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